Redéfinir le partage de l’info locale : le pari de Yakwala

Face à la fragmentation et à la dispersion des informations locales qui découle de la révolution numérique, un petit ovni a fait son apparition début 2012 : il s’agit de Yakwala. Cette start up dynamique a pour vocation de centraliser sur une même plate-forme les informations locales, sous forme de fils d’actualités et de cartes de géolocalisation. L’objectif étant de permettre aux acteurs de la vie locale, qu’ils soient particuliers ou professionnels, de communiquer et d’interagir de manière efficace. A l’origine de ce projet, quatre collaborateurs dont le journaliste Julien Le Bot. Très enthousiaste, celui-ci a eu la gentillesse de nous parler de son entreprise, le temps d’un entretien.

Horizons Médiatiques / Marilyn Epée : Pouvez-vous nous présenter Yakwala ?

Julien Le Bot : Yakwala est une plateforme d’informations et d’interaction hyperlocales qui va permettre de repenser la façon dont on partage l’information à l’échelle hyperlocale. L’idée, c’est de  partir des utilisateurs, c’est-à-dire des gens dans leur quotidien, pour réussir à trouver le meilleur moyen de partager l’information de telle sorte qu’elle soit pertinente, utile, pratique, efficace, rapide et qu’éventuellement, elle soit le levier de l’innovation sociale. Pour ce faire, nous nous appuyons sur les outils numériques pour mieux partager  des services et construire un espace commun.

HM/M.E : Comment vous est venue l’idée de créer cette plate-forme d’infos hyperlocales ?

J.LB : Yakwala repose sur plusieurs idées. Aujourd’hui, nous voyons bien qu’un certain nombre d’informations et de services qui pourraient être développés grâce au numérique ne sont pas encore proposés par la presse traditionnelle. Par ailleurs, il y a énormément de problématiques liées à l’open data qui ne sont pas encore appréhendées, notamment, celle de réussir à transformer tout ce qui est donnée en information ou en service à l’échelle locale, c’est-à-dire avec une proximité très forte par rapport au territoire. La troisième chose, c’est le fait qu’au niveau des usages, nous sommes très habitués à tout ce qui est fils d’informations et réseaux sociaux mais pour l’instant il est très difficile de suivre l’information locale puisque généralement les affinités qui sont liées aux réseaux sociaux ne correspondent pas forcément aux endroits où l’on vit au quotidien. Sur Twitter, par exemple, c’est très compliqué de suivre une information locale… Ce sont donc ces trois grandes thématiques qui nous ont donné envie de construire Yakwala :

– La façon dont l’information pouvait se partager à l’échelle hyper locale
– La façon dont de nouveaux enjeux arrivent, notamment avec la data, pour réussir à restituer l’information à l’échelle hyperlocale
– Le fait de réussir à dépasser la logique des réseaux sociaux qui enferme les gens dans des réseaux d’affinité, pour réussir à sortir du territoire lui-même et faire remonter l’information

HM/M.E : Sur votre blog, nous  pouvons voir que vous proposez des formations. Parlez-nous en. 

J.LB : C’est effectivement pour nous un enjeu très fort puisque Yakwala est à l’écoute des nouveaux outils et des nouvelles pratiques qui sont liés aux nouveaux médias. Yakwala est une entreprise qui a été fondée par un journaliste et des associés qui viennent du web. La volonté était de partager notre savoir-faire en proposant à un certain nombre d’acteurs des médias de profiter de notre expertise  tout en restant à l’écoute  des nouveaux outils qui correspondent à une nouvelle grammaire de partager l’information. Ces outils impliquent une logique plus horizontale et plus conversationnelle des modalités de partage d’information : au lieu de diffuser les contenus, comme ce fut le cas à l’ère des mass médias, nous les propulsons.

D’ailleurs, Yakwala a eu l’occasion d’intervenir à l’international dans le cadre de coopérations sur la mise en place de formations aux nouveaux médias, notamment en Tunisie et en Mauritanie. Il s’agissait de mettre en place des rédactions éphémères pour  apprendre à des acteurs internationaux et locaux à établir des nouveaux projets de production de l’information.

HM/M.E : Avez-vous un bon retour par rapport à ces formations ?

J.LBOui, nous nous apercevons qu’il y a un très fort désir de partage d’expérience et de découverte. Nous réalisons à quel point le web est une opportunité pour un grand nombre d’acteurs de fabriquer, de produire et de diffuser de l’information en sortant des canaux classiques. Il y a une forte appétence des nouveaux journalistes pour la prise en main des nouveaux outils.

HM/M.E : Vous êtes finaliste du premier concours des Dataconnexions. Pouvez-vous nous expliquer en quoi ça consiste ?

J.LB : Dataconnexions avant d’être un concours, c’est une communauté. Elle prend forme dans la mise en place de la mission Etalab et le début de la structuration de l’ouverture des données. Des acteurs comme Yakwala et d’autres start up se sont réunis pour réussir à mettre en commun leurs problématiques, leurs besoins et leurs approches de ce que l’on appelle la libération de données ouvertes (open data). Cela s’est traduit ensuite par un concours au cours duquel chacune des jeunes entreprises a pu présenter ses projets à des acteurs traditionnels de l’information et de l’informatique.

Dans ce cadre là, Yakwala a pu présenter la façon dont elle souhaitait transformer tout ce qui était logique de données locales et d’informations pour les utilisateurs. Ce genre de communauté, qui s’est constituée autour de concours, donne l’occasion de créer une réflexion et de mettre en réseau un certain nombre d’acteurs pour réussir à créer une nouvelle chaine de valeur et une nouvelle façon de penser cet écosystème. Nous sommes sur des secteurs à la fois innovants et originaux, qui permettent de penser la façon dont à l’avenir, notamment à l’échelle locale, nous utiliserons toutes les données qui seront récupérées par les collectivités locales, les départements, les administrations et aussi les entreprises pour éventuellement avoir une nouvelle approche de l’information à l’échelle hyper locale.

HM/M.E : Quelles sont vos actualités ?

J.LB : Nous devenons l’un des acteurs principaux de l’open data local. Grâce à Dataconnexions, mais également grâce au fait que nous sommes à quelques semaines du lancement de zones pilotes sur la plateforme.  Nous avons aussi une approche de la donnée originale qui nous permet d’avoir une différenciation très forte par rapport à des chaînes internationales. Nous allons ouvrir le service dans les mois à venir. Ce sera d’abord un site web et à terme des applications mobiles avec la possibilité d’avoir un outil qui vous permettra de suivre de l’information locale et aussi d’y participer. Il y aura la possibilité de savoir quelles sont les informations qui sont autour de soi en temps réel mais aussi la possibilité de live blogguer, c’est-à-dire de couvrir en direct des événements qui nous tiennent à coeur. Ca peut être par exemple un particulier qui a envie de valoriser son engagement associatif ou encore la possibilité pour un commerce local ou une administration de partager de l’info avec des gens à l’échelle hyper locale.

Du point de vue de la restitution de l’info, il y aura notamment une carte qui permettra de géolocaliser l’information. Nous allons sortir des habitudes du papier en essayant d’adapter la lecture aux nouveaux outils. Nous sommes de plus en plus habitués aux cartes et aux fils d’informations ; nous allons donc essayer de restituer ça en nous adaptant aux nouveaux usages. C’est très excitant de travailler sur un projet à la fois innovant, original et qui va permettre d’être au service des communautés locales.

HM/M.E : L’esprit Yakwala en 3 points ?

J.LB : 

La vie de la plate-forme et des communautés qui vont s’en emparer pour faire vivre l’information locale

L’approche de la donnée : le fait de réussir à faire vivre autrement les territoires en transformant la donnée en information et en service. De ce point de vue là, nous essayons de faire une ville et une information augmentée

L’aspect formations et transmission du savoir-faire. Yakwala sera un lieu de partage et d’expertise pour que le savoir-faire soit profitable au plus grand nombre à l’échelle hyperlocale. Nous sommes réellement sur une logique de do it yourself, c’est-à-dire que chacun doit être en mesure à l’échelle locale de récupérer facilement l’information dont il a besoin tout en ayant la possibilité de partager l’information qui peut-être n’est pas visible actuellement dans les médias traditionnels.


Merci Julien !

Propos recueillis par Marilyn Epée

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :