La Street School donne un coup de pouce aux journalistes en herbe !

C’est nouveau, c’est tout chaud ! En proposant une formation journalistique 100% gratuite destinée aux 20-30 ans, le pure player d’info participative StreetPress.com vient de lancer un programme jusque là inédit en France. La formation qui durera 15 semaines (de mars à juin 2012) permettra à de jeunes aspirants au métier d’appréhender les pratiques du reportage en étant encadrés par une équipe de journalistes professionnels, qui comprendra entre autres Cécilia Gabizon, grand reporter au Figaro. Une belle initiative, qui témoigne d’un désir de démocratiser le journalisme, profession souvent taxée d’élitisme. Pour Horizons Médiatiques, Johan Weist-Myara, Rédacteur en Chef de StreetPress.com et fondateur de la Street School a accepté de répondre à quelques questions. Entretien. 

Horizons Médiatiques / Marilyn Epée : Street-Press.com, qu’est-ce que c’est ?

Johan Weisz-Myara : StreetPress.com est un site d’infos qui travaille sur deux questions. D’abord, raconter la réalité des jeunes urbains, en étant un support d’expression pour les gens entre 20 et 30-35 ans qui n’ont pas forcément de médias dans lesquels ils se reconnaissent. En lançant ce site, on est partis du constat qu’il y avait un véritable problème médiatique au niveau du traitement de l’information concernant ces jeunes là, des étudiants, jeunes actifs ou des chômeurs. Les questions auxquelles ils sont confrontés, ne sont pas toujours bien rapportées auprès des études publiques ; pour nous, c’est vraiment un problème démocratique. La deuxième chose qu’on s’est dite lorsqu’on a lancé StreetPress.com, c’est qu’aujourd’hui, il y’a un vrai problème de confiance entre les citoyens qui sont là pour recevoir l’information et les journalistes qui produisent l’information. Ce qu’on a voulu faire, c’est ouvrir la production de l’info en en faisant une co-production avec des journalistes permanents qui accompagnent les reporters  bénévoles, des journalistes citoyens.

HM / ME : Votre positionnement, c’est donc l’information par et à destination des jeunes ?

JWM : On s’adresse à de jeunes adultes oui, mais qui n’ont pas d’espace ou de journal dans lequel ils se retrouvent. Les gens qui participent à la rédaction des sujets sont souvent des personnes qui se posent les mêmes questions que nos lecteurs. Il y a donc moins de chance pour qu’il tombent à côté de l’info, pour qu’ils n’intéressent pas les lecteurs, puisqu’ ils traitent d’une réalité qui est aussi la leur ; c’est un cercle vertueux.

HM / ME : Rencontrez-vous du succès ? Y-a-t-il une forte demande de contribution ?

JWM : L’année dernière, on a eu 240 reporters qui ont contribué au site. Pour nous c’est effectivement le signe que ça se passe bien et que ça marche.

HM / ME : Selon vous, le journalisme participatif est-il décisif dans le journalisme en ligne ?

JWM : La participation des internautes est une donnée du journalisme en ligne qui, à mon sens, est une grande force. C’est pourquoi, il serait pour nous idiot de ne pas accompagner les journalistes citoyens, en leur donnant toutes les méthodes pour qu’ensemble on puisse produire une info meilleure ; l’information en ligne se fait avec eux. Après, le journalisme en ligne a de nombreuses facettes. Il existe de très bons journalistes qui travaillent sans l’aide des internautes et on pourrait d’ailleurs tout à fait s’informer sans le web. Mais la réalité aujourd’hui, c’est que les lecteurs s’informent beaucoup sur Internet, sur les supports mobiles et numériques, et qu’ils ont envie de participer.

Johan Weisz-Myara // Crédit photo : Michela Cuccagna

HM / ME : On peut lire sur votre site web que ce que vous préférez, c’est le reportage. Qu’est-ce qui vous plaît dans cette forme journalistique ?

JWM : Dans « StreetPress », il y a avant tout le mot « Street », qui renvoie à la rue, au terrain. Pour nous, le journalisme, c’est quelque chose qui se pratique sur le terrain avant toute chose, car on est au contact des événements, des gens. La qualité se situe sur le terrain et ce qu’on attend de nous, c’est de raconter ce qui se passe. Lorsqu’une personne ouvre un journal, c’est parce qu’en tant que lecteur, elle n’a pas forcément les moyens d’être partout. Ce qu’elle attend des journalistes, c’est qu’ils soient dans un maximum d’endroits possibles pour lui raconter les choses qui se passent. Pour nous, c’est la base ; la définition du journalisme se fait en pratiquant sur le terrain. Même s’il nous arrive parfois de passer quelques coups de fils pour certains sujets, c’est sûr que si l’on ne sort jamais de son bureau, on ne trouvera rien.

HM / ME : La Street School est un concept inédit en France. Racontez-nous comment vous est venue cette idée.

JWM : Il y a une forte demande de participation sur le site de StreetPress. On trouve ça génial, ça offre de super opportunités, mais ce serait bien d’outiller ces gens qui participent, qui prennent de leur temps, afin qu’ils acquièrent les méthodes journalistiques, qu’ils commencent à les appréhender pour proposer des contenus de meilleure qualité.  Cela nous semble très important. D’où l’idée de créer la Street School. On peut produire des choses avec son énergie et sa volonté, mais si on est outillés, c’est carrément mieux.

HM / ME : Comment va se faire la sélection ?

JWM : La sélection est une question clé. On va volontairement éviter de faire comme dans une école de journalisme basique, où souvent, on regarde qui a eu le plus beau diplôme ou les meilleurs expériences. A la Street School, on va se concentrer sur la motivation, sur le profil personnel des candidats.

HM / ME : Combien d’élèves admis ?

JWM : Ce sera une petite promotion car c’est un projet où l’on veut transmettre un maximum ; on n’a pas d’objectif chiffré. Même si on adorerait former plein de gens, on ne peut pas le faire, donc on aura une promo de 15 personnes. C’est la première promo, l’idée c’est qu’il y en ait une deuxième l’année suivante, etc.

HM / ME : Les étudiants seront-ils formés aux nouvelles pratiques journalistiques ?

JWM : On va d’abord commencer la formation avec un enseignement très généraliste et très pratique. Et on va finaliser le programme en lui donnant des applications en ligne. On travaillera donc beaucoup sur la manière dont on raconte une histoire en ligne, sur comment un sujet se met en scène sur Internet. Il y aura forcément des geeks et on n’aura pas besoin de leur apprendre comment utiliser un réseau social ou comment poster une vidéo sur Youtube. En revanche, lorsqu’ils auront appris comment on trouve les sources, comment on vérifie l’information, il va de soi pour moi qu’ils sauront l’appliquer en ligne, et sauront faire du trend sourcing ou du fact-checking, par exemple. La technique web, beaucoup l’ont. Nous, on aura tendance  à leur donner des fondamentaux qu’eux-même mettront en pratique en ligne.

HM / ME : En 3 mots, comment définiriez-vous l’esprit StreetPress ? 

JWM : Urbain. Parce que l’essentiel de nos lecteurs et des gens qui contribuent sont des gens qui sont jeunes et urbains. Ouvert. Parce qu’on fonctionne en rédaction ouverte, en modèle participatif et ça permet de faire entrer de nouvelles idées et de l’énergie chaque jour. Et enfin, No bullshit. Parce qu’on traite tous les sujets qu’on veut, qu’il n’y a aucun sujet prétexte et que lorsqu’on traite un sujet, on essaye de le faire bien.

Merci Johan !

Propos reccueillis par Marilyn Epée

Site officiel de StreetPress


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